Montréal, le 11 Mai 2020

La pandémie de la Covid-19 et les besoins des jeunes sortant de placement.

Dans le contexte actuel de confinement dû à la COVID-19, plusieurs chercheurs, co-chercheurs ainsi que les jeunes du Comité jeunes EDJeP sont préoccupés par la situation et les besoins des jeunes sortant de placement et ceux qui vont sortir de placement durant cette crise sanitaire.

Le partenariat EDJeP dirigé par la Chaire de recherche du Canada sur l’évaluation des actions publiques à l’égard des jeunes et des populations vulnérables (CREVAJ) de l’École nationale d’administration publique (ENAP) rend publics de nouveaux résultats de sa grande étude longitudinale sur le devenir des jeunes placé(es) au Québec relatifs aux besoins des jeunes sortant de placement lors de la pandémie de la Covid-19. 

Ces résultats montrent que cette crise impacte plusieurs sphères de vie des jeunes en transition à la vie adulte, et rend encore plus difficile l’accès au logement, augmente considérablement les risques liés aux problèmes de santé mentale chez les populations déjà vulnérabilisées, restreint la poursuite des études, complexifie l’accès à l’emploi et risque de forcer plusieurs jeunes à se placer dans des situations susceptibles de mener à une surjudiciarisation.

Vous trouverez ci-joint le communiqué de presse relatif à ce sujet ainsi que le lien vers le rapport sur la pandémie et les besoins des jeunes sortant de placement.

Voici les articles et entrevues en lien avec le rapport :

  • Quitter la DPJ en pleine pandémie : Katia Gagnon : Cliquez ici 
  • The Conversation : Covid-19 : il faut un moratoire pour les jeunes de la DPJ : Cliquez ici
  • Radio Canada : Anxiété : Des jeunes laissés à eux-mêmes : Cliquez ici 
  • Sorties de placement à la DPJ : la Commission des droits avait sonné l’alarme : Cliquez ici
  • Les besoins des jeunes sortant de placement en pleine pandémie, Martin Goyette, Première heure avec Claude Bernatchez : Radio-Canada  Cliquez ici
  • Entrevue avec Martin Goyette, cotitulaire de la Chaire-réseau de recherche sur la jeunesse du Québec et Titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur l’évaluation des actions publiques à l’égard des jeunes et des populations vulnérables : Qu’arrive-t-il aux jeunes de la DPJ qui seraient normalement sur le point de quitter leurs foyers lorsqu’ils atteignent l’âge adulte ?
  • Martin Goyette avec Paul Arcand : 98.5fm.ca : COVID 19 : Des Chercheurs réclament un moratoire sur les sorties de placement à la DPJ.

Montréal, le 27 février 2020

Jeunes sortant du système  de protection de l’enfance  en France et au Québec : Faire face aux difficultés de transition  vers la vie adulte via une association d’entraide


Montréal, Février 2020

L’engagement des jeunes ex-placés en France et au Québec dans les groupes d’entraide.

Une étude franco-québécoise (Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire INJEP / Printemps CNRS – Université de Versailles-Paris Saclay/Chaire de recherche du Canada sur l’évaluation des actions publiques en faveur des jeunes et des populations vulnérables) publie un rapport de recherche sur l’engagement des jeunes ex-placés en France et au Québec dans les groupes d’entraide.

Pour Isabelle Lacroix, chercheuse responsable de l’étude : «les organismes de jeunes ex-placés contribuent directement à l’orientation des changements en protection de la jeunesse, en plus de constituer une source importante de soutiens affectifs et matériels pour les jeunes.»

Pour Martin Goyette, professeur et responsable de l’étude EDJeP, «les problèmes systémiques soulevés par la Commission Laurent doivent trouver une solution en mettant les jeunes au cœur des solutions. Or au Québec, le financement pour les organismes de jeunes ex-placés est quasiment inexistant, une aberration».

Voici les articles et entrevues en lien avec le rapport :


Montréal, le 21 février 2020

Le rapport intitulé : Les coûts de la sous-scolarisation des jeunes placés démontre l’inexploitation de la scolarisation des jeunes placés pour l’économie québécoise.

« L’analyse de la 2e vague de données de l’EDJeP révèle qu’à l’âge de 19 ans, 24,8 % des jeunes de notre cohorte avaient obtenu un diplôme d’études secondaires, ou une équivalence, alors que ce taux s’élève 77, % chez l’ensemble des jeunes Québécois du même âge. Nous savons maintenant que le coût de la sous-scolarisation représente une perte économique potentielle de près de 370 millions de dollars pour cette cohorte sur l’ensemble de leur vie active. Et encore, les coûts des services sociaux associés à la sous-scolarisation comme ceux de la judiciarisation, de l’itinérance et la santé mentale, par exemple, ne sont pas pris en compte dans ce chiffre » – Martin Goyette, directeur de l’EDJeP

 

Une piste de solution, le projet CLÉ

Initié en 2015 par la Fondation du Centre Jeunesse de la Montérégie, avec le CISSS de la Montérégie Est, le projet CLÉ vise à soutenir, financièrement et émotionnellement, la scolarisation postsecondaire des jeunes ayant vécu une expérience de placement par des bourses d’études d’une valeur mensuelle de 416 $ tout au long de leur parcours postsecondaire. Les boursiers sont également jumelés à un mentor – bénévole issu de la communauté – afin d’assurer un accompagnement hors des murs de l’école et de l’institution de la protection de la jeunesse.

Dans le cadre de l’évaluation du projet CLÉ, les étudiants du projet dressent un bilan très positif de ce dernier : la bourse leur a permis de réduire leur fardeau financier et de se concentrer sur leurs études. Les jeunes participants insistent sur le fait que l’aide financière seule n’est pas suffisante. Comme l’exprime l’une des boursières, pour soutenir la réussite scolaire, il faut « sentir qu’il y a une structure autour de soi, pas juste recevoir un chèque ». C’est pourquoi, une structure de soutien après 18 ans, comme le projet CLÉ, est tant appréciée par ses boursiers, car pour reprendre les mots de l’une d’entre-elle : « le projet CLÉ, ça met en lumière la force des individus, leur autodétermination ».

Pour le rapport

 Voici les articles et entrevues en lien avec le rapport :


Montréal, Novembre 2019 

Stabilité résidentielle, instabilité résidentielle et itinérance des jeunes quittant un placement substitut pour la transition à la vie adulte.

Nos résultats inédits pointent des enjeux systémiques importants pour les jeunes au sortir du placement : si la moitié des jeunes se retrouvent dans des situations stables au plan résidentiel (en moyenne 13 mois après la sortie du placement), près de 20% ont affirmé avoir vécu une forme d’itinérance visible depuis leur sortie de placement et près du tiers des jeunes sont en situation d’instabilité résidentielle. Les jeunes ayant connu au moins un épisode d’itinérance auraient davantage souhaité obtenir un soutien pour préparer la fin de leur placement que les autres jeunes. Aussi près de 45% des jeunes ont affirmé considérer leur situation résidentielle comme temporaire.

Situation d’occupation et stabilité résidentielle

Globalement, nos données indiquent aussi clairement que la stabilité résidentielle est associée à différents facteurs liés à la transition à la vie adulte. Près de 44 % des jeunes en situation de stabilité résidentielle étaient encore aux études lors de la vague 2 contre 27 % seulement pour les jeunes en situation d’instabilité résidentielle et de 15 % pour ceux qui ont vécu une situation d’itinérance. De la même façon, les proportions d jeunes qui ne sont ni aux études, ni au travail s’accroissent lorsque les jeunes ont vécu des situations d’itinérance.

Stabilité résidentielle en fonction du soutien interpersonnel probabilités prédites

Les soutiens interpersonnels peuvent jouer un rôle crucial dans la transition à la vie adulte des jeunes placés. Nous avons demandé aux participants de nommer jusqu’à cinq personnes desquelles ils sont proches et sur lesquelles ils peuvent compter. Le nombre de personnes nommées fournit ici un bon indicateur de l’étendue du réseau de soutien interpersonnel des jeunes. Ceux-ci ont en moyenne nommé trois personnes proches. Nos résultats démontrent que les jeunes qui déclarent avoir plus de personnes proches ont significativement plus tendance à être en situation de stabilité ou d’instabilité résidentielle qu’à avoir vécu une expérience d’itinérance visible (p < 0,01 dans les deux cas).

Notre étude démontre un lien entre sous-scolarisation des jeunes placés, l’instabilité lors du placement et le fait d’avoir connu au moins un épisode d’itinérance visible à la sortie du placement.

Pour les versions en Français:

For the English versions:

 Voici les articles et entrevues en lien avec le rapport :


Montréal, Juin 2019

2e rapport sommaire intitulé : Le rôle de l’instabilité des trajectoires sur les transitions à la vie adulte

Le 2e rapport sommaire intitulé : Le rôle de l’instabilité des trajectoires sur les transitions à la vie adulte détaillant les premiers résultats de l’Étude sur le devenir des jeunes placés peut être téléchargé en format PDF.

L’instabilité des placements est un enjeu majeur pour les jeunes en transition. Cette instabilité est étroitement reliée aux expériences scolaires des jeunes et affecte directement leurs perspectives d’avenir.

Faits saillants :

Les  jeunes ayant connu plus d’instabilité ont jusqu’à deux fois moins de chance d’être en voie d’obtenir un diplôme d’études secondaire ou l’équivalent avant leur majorité. Ils ont aussi deux fois plus de probabilité de n’être ni aux études ni en emploi que ceux ayant connu un parcours plus stable. Cette réalité est particulièrement marquée chez les jeunes en centre de réadaptation, comparativement aux jeunes placés en famille d’accueil qui ont de meilleurs résultats scolaires.

Probabilité d’avoir obtenu ou d’être en voie d’obtenir le DES avant 18 ans

 Voici les articles et entrevues en lien avec le rapport :


Montréal, Novembre 2018

1er rapport sommaire intitulé :  La scolarisation, enjeu majeur pour les jeunesse

Le  1er rapport sommaire intitulé :  La scolarisation, enjeu majeur pour les jeunesse détaillant les premiers résultats de l’Étude sur le devenir des jeunes placés peut être téléchargé en format PDF.  Les principales figures du rapport sont aussi disponibles en version interactive sur cette page afin de vous permettre d’explorer les résultats plus en détails.

Voici les articles et entrevues en lien avec le rapport :

Résultats marquants

 

La figure précédente rend compte du niveau scolaire pour l’année en cours des jeunes d’environ 17 ans. Les données pour les jeunes placés proviennent de l’Étude sur le devenir des jeunes placés (EDJeP), alors que les données pour les jeunes défavorisés et les jeunes en général proviennent de la vague E18 de l’Étude longitudinale sur le développement des enfants du Québec (ELDEQ).

La figure compare le niveau scolaire en cours des jeunes d’EDJeP avec le niveau scolaire des jeunes Québécois du même âge tel que mesuré dans l’ELDEQ. Lorsqu’ils avaient 17 ans, 75% de tous les jeunes de l’ELDEQ étaient inscrits en secondaire 5. Chez les jeunes issus de milieux défavorisés, cette proportion était nettement plus faible à 53,3%. Chez les jeunes placés participants à EDJeP, seuls 17,1% étaient inscrits en secondaire 5 au moment de la vague 1. Les jeunes placés participants à EDJeP sont non seulement systématiquement plus nombreux que les jeunes Québécois à être inscrits dans des niveaux inférieurs au secondaire 5, ils sont aussi systématiquement plus nombreux que les Québécois issus de milieux défavorisés. 19,2% des jeunes EDJeP n’avaient toujours pas dépassé le secondaire 2 au moment de la première vague. Cette proportion était de 2,2% chez tous les participants de l’ELDEQ et de 7,5% chez ceux issus uniquement de milieux défavorisés.

 

 

La figure précédente rend compte du retard scolaire des jeunes d’environ 17 ans. Les données pour les jeunes placés proviennent de l’Étude sur le devenir des jeunes placés (EDJeP), alors que les données pour les jeunes défavorisés et les jeunes en général proviennent de la vague E18 de l’Étude longitudinale sur le développement des enfants du Québec (ELDEQ).

La figure compare les participants EDJeP à ceux de l’ELDEQ. Lorsqu’ils avaient 17 ans, 79,8% des de tous les participants à l’ELDEQ n’avaient jamais doublé une année et cette proportion diminuait à 60% chez ceux issus de milieux défavorisés. Chez les jeunes placés participants à EDJeP, seuls 26,7% n’avaient jamais repris une année scolaire. 31% des jeunes EDJeP avaient déjà doublé une année comparativement à 13,4% des jeunes ELDEQ et 22% de jeunes ELDEQ issus de milieux défavorisés. 22,4% des jeunes EDJeP avaient déjà doublé deux années alors que les pourcentages étaient respectivement de 5,4% et 17,7% chez tous les participants ELDEQ et ceux issus de milieux défavorisés. Plus encore, près de 20% des jeunes EDJeP ont déjà doublé trois années ou plus, alors que ce n’est le cas que de 1,3% des jeunes ELDEQ. Chez les jeunes Québécois, ceux qui ont doublé une année sont une minorité et cela est aussi vrai chez les jeunes issus de milieux défavorisés, bien que ces derniers soient évidemment plus nombreux à avoir déjà doublé une année. Chez les jeunes placés, ceux qui n’ont jamais repris une année sont la nette minorité.

 

 

La figure précédente rend compte des réponses des jeunes à la question «Quel est le plus haut niveau de scolarité que tu désires atteindre»? Les données pour les jeunes placés proviennent de l’Étude sur le devenir des jeunes placés (EDJeP), alors que les données pour les jeunes défavorisés et les jeunes en général proviennent de la vague E18 de l’Étude longitudinale sur le développement des enfants du Québec (ELDEQ). Systématiquement, les jeunes placés visent des diplômes de niveaux inférieurs à ceux visés par l’ensemble des jeunes Québécois ou ceux issus des milieux défavorisés. Par exemple, 27,2% des participants à EDJeP disent vouloir faire des études universitaires, alors que ces pourcentages sont de 36,3% pour les Québécois défavorisés et de 54,5% pour l’ensemble des jeunes Québécois.

 

 

La figure précédente rend compte des pourcentages de jeunes participants à EDJeP ayant répondu «Entièrement d’accord» ou «D’accord» à la question «D’une façon générale, je suis satisfait(e) de mon expérience de placement». Les barres bleues représentent les pourcentages de jeunes satisfaits pour chaque groupe et les fourches rouges représentent les intervalles de confiance à 95%.

On remarque d’importantes variations dans les niveaux de satisfaction en fonction du type de placement des participants. Les jeunes les plus satisfaits sont ceux qui sont placés en famille d’accueil, qui sont 85% à dire qu’ils sont satisfaits. Les moins satisfaits sont les jeunes placés en foyer de groupe (58,8%) de même que ceux placés en centre de réadaptation (53%). Dans les deux cas, ces différences par rapport aux jeunes placés en famille d’accueil sont substantielles et significatives.

 

 

La figure précédente rend compte du plus haut niveau d’éducation complété par les participants EDJeP en fonction de leur réponse à la question suivante «Depuis le début de ton placement, est-ce que tu considères que tu as reçu de l’encouragement pour poursuivre tes études après le secondaire de la part de ta famille d’accueil, du personnel des centres jeunesse (DPJ), ou de tout autre professionnel»?

Nos résultats, affichés à la figure précédente, montrent que plus les jeunes placés perçoivent avoir été encouragés à poursuivre leurs études au-delà du secondaire, plus ils ont tendance à avoir un haut niveau d’étude complété. Nous avons donc des indications que les jeunes placés qui se sentent soutenus en tirent des bénéfices réels. Ces bénéfices sont ici d’autant plus importants que l’éducation est bien entendu un élément crucial pour le devenir des jeunes.