L’étude sur le devenir des jeunes placé(e)s innove par la participation d’un comité de jeunes ex-placés qui collabore de façon transversale à toutes les étapes du processus de recherche.

Le comité de jeunes de la recherche EDJeP est composé de 12 jeunes de 18 à 35 ans qui ont tous connu une expérience de placement et qui ont le souhait, en s’investissant dans le projet EDJeP, d’améliorer les services offerts aux jeunes qui quitteront les centres jeunesse et débuteront leur parcours vers l’autonomie.
Le comité jeunes est donc un espace de participation où les jeunes ayant vécu une expérience de placement se rencontrent et s’organisent afin de trouver des moyens pour s’assurer que leurs voix, leurs expériences et leurs avis soient considérés à chaque étape du processus de recherche.

Le comité jeunes a un rôle de conseiller auprès des chercheurs, des différents comités et partenaires de la recherche. Son mandat est de surveiller que la participation des jeunes soit significative et basée sur leurs droits à chaque phase de la recherche, de la planification à l’exécution de la recherche .

Les mots du comité jeunes :
« Le Comité des jeunes est là pour s’assurer que l’engagement des jeunes est intégral dans le programme de recherche et que les jeunes placé(e)s aient une contribution et une participation significatives à toutes les étapes de la recherche »

Implication concrète du comité de jeunes dans la recherche EDJeP:

Le comité conseiller  a travaillé en sous-groupe pour commenter et valider chaque question et section du questionnaire qui servira à la collecte de données.
Les jeunes ont participé étroitement au processus de sélection des intervieweurs qui rencontreront les 1000 jeunes partout au Québec pendant la cueillette de données.

Ils ont travaillé à définir les aptitudes et compétences recherchées chez les candidat(e)s qui rencontreront les jeunes visés par la recherche. 5 membres du comité étaient présents pendant les entrevues pour représenter le groupe, poser leur question et donner leur avis sur le choix des candidats. Cinq membres du comité ont aussi participé à la formation des intervieweurs qui rencontreront les jeunes partout au Québec pendant la collecte de données.

Le comité a aussi été appelé à valider les outils de communication produits pour rejoindre les autres jeunes.

 

La parole aux jeunes :

 
Émilie
J’ai joint le comité de recherche parce que je crois que les jeunes aujourd’hui sont importants pour l’avenir de la société. J’ai vécu dans le système de la DPJ des événements qui n’auraient jamais dû être et à travers le comité, je souhaite pouvoir empêcher que cela se reproduise. Je crois que nos jeunes doivent connaître leurs droits et surtout qu’ils peuvent les appliquer. Je travaille aujourd’hui avec l’EDJeP à la fortification de nos jeunes et de leur avenir.

Jessica
Moi, c’est Jessica, j’ai 29 ans et je suis maman de deux adorables jeunes filles (10 et 3 ans). Présentement, j’étudie au Baccalauréat en psychoéducation et j’aimerais beaucoup me spécialiser à l’insertion à la vie adulte. Je suis une personne énergétique, avec une bonne facilité de communication et ayant plein d’idées et de projets. J’aime m’impliquer dans ma communauté et partager ma passion pour la photographie et la vidéo. J’aimerais continuer mes études, possiblement jusqu’au doctorat. Je veux faire de la recherche, donner des conférences, être mentor, publier un livre, militer pour le bien-être des jeunes placés et faire preuve d’innovation dans les méthodes d’intervention. Je m’implique mensuellement dans le comité de jeunes ex-placés, car selon moi il est primordial que notre voix, la voix des jeunes, soit entendue ! Je suis persuadée que l’implication d’anciens jeunes placés qui connaissent bien la réalité des jeunes en milieux substituts est essentielle dans le développement de programme ou l’ajustement des services. Ensemble, nous allons pouvoir améliorer la qualité de vie des jeunes en difficulté. Chaque réunion est intéressante et gratifiante ! Au plaisir de vous rencontrer !

Ketsia
Pour moi, m’impliquer dans le comité des jeunes de l’EDJeP, c’est mettre à profit mon expérience de placement en famille d’accueil, et faire quelque chose qui me passionne : de la recherche. Je m’implique dans une recherche qui pourra contribuer à ce que les jeunes les plus vulnérables de notre société soient plus et mieux soutenus. Mon implication est aussi une expérience enrichissante pour moi comme étudiante-chercheure et comme personne.

Kévin
Je suis intéressé par le projet parce que c'est enfin à notre tour de parler et de se faire entendre. C'est le temps de changer les choses qui n'ont malheureusement pas été appliquées plus tôt. Placé dès l'âge de 7ans, déjà 11 ans ont passé où j'ai dû écoper pour les choix de mes parents. Aujourd'hui, je suis maintenant un homme indépendant sans soutien. On ne peut compter que sur soi même pour apporter des changements alors pourquoi ne pas aider les jeunes? Surtout s'ils se posent tant de questions et de réponses inexpliquées.

Marcelle
Marcelle est une travailleuse communautaire, éducatrice, et artiste engagée qui s’est intégrée dans la recherche d’EDJeP pour faire le pont entre les réalités du terrain au travers et en dehors de l’institutionnalisation des jeunes, pour faire surgir à la fois les capacités transformatrices d’informer la recherche, les pratiques et les politiques liées au droits des jeunes placés. Ses compétences organisationnelles dans le domaine communautaire et le monde académique, et sa nature créative lui permettent de constamment chercher à pratiquer, appliquer de nouvelles approches et promouvoir les voix et les expériences des jeunes avec le maximum de ressources, respect et support afin d’atteindre une autonomie dans la dignité.

Maria
My name is Maria and I am a recent graduate from the Math department at McGill University. I grew up in foster care. I’ve had some great experiences along with bad ones. Somehow, I got lucky. I was strong. I know for a fact that the system needs to change. The truth is that many children are placed in homes that are not fit to be foster homes in the first place. The truth is that a lot of youths are being denied and neglected in terms of their basic needs and even basic human rights. I believe that every child deserves an access to a good family, health, love, and education. I joined EDJeP as a youth advisor in hopes that this research will allow for several changes in policy and to suggest how we can nourish youth in group homes and foster homes with all the necessities they require. I look forward to analyzing raw data and hopefully by collecting this data we can gain ground and show that the system needs to change. I look forward to making many suggestions and implementing new policies.

Melanie
Melanie est doctorante en travail social à l'École de travail social de l'Université McGill et est membre du Centre de recherche sur l'enfance et la famille (CREF). Elle enseigne un cours de justice pénale ciblée sur les jeunes délinquants au niveau de la maîtrise à l'École de travail social, et est récipiendaire d'une bourse de doctorat du CRSH et de la Fondation Pierre Elliott Trudeau. En septembre 2015, elle a cofondé un groupe de soutien par les pairs destiné aux ancien(ne)s jeunes pris en charge qui poursuivent des études post-secondaires à Montréal (Association étudiante des anciens et anciennes jeunes placés de Montréal (AEAJPM). Melanie est également membre du conseil d'administration du réseau québécois de jeunes pris en charge, établi récemment (Centre Amitié, Ressources et Entraide pour la Jeunesse, C.A.R.E Jeunesse). Elle s'implique aussi comme conseillère jeunesse dans le cadre d'une étude longitudinale financée par le CRSH sur le devenir des jeunes placés au Québec et en France (EDJeP). Ses principaux intérêts de recherche sont issus de son expérience personnelle et unique dans le système de protection de l’enfance du Nouveau-Brunswick, et sont ancrés dans les problématiques de l’enfance et de la jeunesse, soit l'éducation, la santé et le bien-être, l'environnement, la pauvreté, la délinquance, la prévention, l'intervention et les politiques publiques. Sa recherche de doctorat est axée sur l'analyse des relations à long-terme des ancien(ne)s jeunes pris en charge, surtout pendant et après la période de transition cruciale vers la vie adulte. Elle aspire à devenir professeure universitaire, consultante de recherche, auteure, conférencière spécialiste de la motivation, mentor et défenseur des intérêts des enfants et des jeunes placés.

Nicky
Pour moi l’EDJeP est une place qui va m’aider à améliorer la qualité de vie des jeunes LGBTQ+. Étant moi-même une femme transsexuelle-lesbienne-asexuelle et ayant vécu de la discrimination pendant toute ma vie dans des centres de la jeunesse, mon but est de rendre une meilleure compréhension et une meilleure adaptabilité des services de la DPJ envers les LGBTQ+. l’EDJeP et aussi un moyen pour moi à plus court terme de pouvoir changer certaines injustices vécues et que les jeunes d’aujourd’hui peuvent encore vivre, comme la torture physique et psychologique que procure la peur et l’inconnu à la fin de placement en centres jeunesse.


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